MYTHES ET RÉALITÉS

Confronter les stéréotypes et idées préconçues sur la population immigrante francophone

Faits et chiffres

La population immigrante francophone de l’Alberta est en croissance constante et s’installe majoritairement dans les régions métropolitaines (de Calgary et d’Edmonton). Certains saisiront aussi des opportunités offertes par les villes de taille moyenne et plus petites comme Fort McMurray (région de Wood Buffalo), Lethbridge, Grande Prairie, Brooks, Red Deer, Lacombe et Okotoks

Les régions urbaines suivantes comptent quelques immigrants francophones, mais on n’y retrouve pas d’immigrants francophones récents selon l’Enquête Nationale sur les Ménages (ENM) : Cold Lake, Canmore, Medicine Hat, High River, Strathmore, Sylvan Lake, Camrose, Lloydminster et Wetaskiwin.

Selon les données officielles les plus récentes découlant du recensement de 2016, l’Alberta compte 88 220 personnes de langue maternelle française et 268 240 personnes qui peuvent parler, vivre et travailler en français. Les immigrants représentent 26,5 % de la population francophone totale au moment où la population francophone représente 2,1% de toute la population albertaine.

Stéréotypes et préjugés

Les immigrants en Alberta et, plus globalement, au Canada peuvent être victimes de multiples stéréotypes, préjugés, désinformations, ce qui peut mener à de la discrimination et constituer une entrave à leur pleine adaptation. Il est donc primordial que les immigrants soient perçus avec leurs vraies valeurs, malgré les défis qu’ils peuvent vivre lors de leur installation. Ils deviendront ainsi des citoyens à part entière avec les mêmes droits et devoirs que tous les autres citoyens canadiens.

Cette section a pour objectif de nous éclairer concernant quelques fausses théories qui alimentent l’incompréhension et qui entravent l’apprivoisement mutuel des anciens et des nouveaux Canadiens.

Mythes et réalités

Les résidents permanents qui arrivent au Canada chaque année permettent de rehausser le tissu social du pays, contribuent à la croissance et renforcent l’économie.

Les travailleurs étrangers temporaires contribuent à la croissance d’un certain nombre d’industries canadiennes en répondant à leurs besoins ponctuels et urgents de main-d’œuvre. 

Les immigrants qui sont sélectionnés par le Canada sont dans une large proportion issus de la catégorie économique, donc sélectionnés selon leurs compétences et capacités à contribuer le plus rapidement possible à l’économie.

Si on se réfère aux chiffres publiés par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour la seule année 2015, 170 398 immigrants acceptés au Canada étaient de la catégorie économique, 65 490 étaient de la catégorie familiale, 32 115 étaient de la catégorie des réfugiés et 3 844 appartenaient à d’autres catégories non identifiées.

Il faut noter que même pour les réfugiés, que l’on accueille au Canada par solidarité, une obligation juridique lie le Canada à leur accueil conformément à la Convention relative au statut des réfugiés que le Canada a ratifiée.

Selon Statistique Canada, en raison du vieillissement croissant de la population canadienne et de la faible natalité dans notre pays, l’accroissement démographique naturel a diminué.

L’immigration, qui représente aujourd’hui environ les deux-tiers (2/3) de l’accroissement démographique devrait être à un niveau soutenu, faute de quoi on pourrait atteindre un niveau de croissance démographique près de zéro. C’est cette population qui soutiendra le maintien de la main-d’œuvre nécessaire à l’économie. Quant à la réalité actuelle, les immigrants occupent souvent des emplois dont la qualification requise est inférieure à la leur.

On devrait donc plutôt penser à un système leur permettant d’exercer dans leurs domaines de compétences pour que le Canada profite au maximum des talents inestimables qu’apportent la plupart des immigrants.

Certains immigrants ont des difficultés à établir des contacts, vivent de l’isolement et croient à tort que tous les blancs sont des racistes parce qu’ils ne leur parlent pas de façon spontanée.

Mais la réalité est toute autre, et il ne faut pas juger juste sur la base de petites omissions qui peuvent dépendre de plusieurs circonstances. Il faut plutôt encourager les discussions spontanées, et c’est sans surprise qu’il est alors possible d’identifier des gens prêts à en savoir plus sur les nouveaux arrivants et empathiques.

Il faut avoir le courage de briser la glace pour apprécier la qualité d’accueil des Canadiens.

Les immigrants représentent en 2016 déjà plus de 26% de la population francophone de l’Alberta. La vision dont s’est dotée la communauté francophone de l’Alberta est d’être une communauté plurielle, ce qui nécessite la mise sur pied d’un projet de construction communautaire auquel participent le plus de partenaires possibles.

La vitalité communautaire francophone est l’objectif ultime visé par l’immigration dans les communautés francophones en situation minoritaire (CFSM), car elle favorise le bilinguisme, valeur fondamentale du Canada.

Mais il faut savoir que dans la réalité, le français est vécu de manières très différentes aux quatre coins du globe. Certaines personnes en ont hérité à la naissance et l’ont adopté comme langue maternelle, ce qui entraine un effet d’automatisme. D’autres le considèrent comme la langue du colonisateur (considéré comme oppresseur ou comme agent de civilisation, selon le cas). Quant aux Canadiens-Français, ils ont dû mener des luttes pendant des siècles pour préserver leur langue.

L’immigrant a donc besoin d’être confronté à la réalité historique du français au Canada pour pouvoir faire le choix conscient de s’engager pour la préservation de cette belle langue qui nous unit.

Selon Statistique Canada, l’immigration s’est diversifiée depuis les années 1960, suite aux modifications de lois et de règlements sur l’immigration. Les groupes ethniques et raciaux nouvellement acceptés ont naturellement eu des enfants qui sont nés au Canada et qui ne sont pas des immigrants. De ce fait, est considérée comme immigrante toute personne qui est née à l’étranger, même si elle a acquis la citoyenneté canadienne par naturalisation.

Les immigrants noirs sont originaires de pays où sont parlés plusieurs langues et dialectes. Ces derniers ont une intonation qui leur est propre, tantôt forte, tantôt musicale. Par conséquent, lorsque des immigrants sont originaires d’un lieu où la langue est naturellement puissante, cela influence la manière dont ils parlent français, et ceci ne doit pas être perçu comme de l’impolitesse.

S’il est vrai que certains terroristes se réclament de la religion musulmane et prétendent agir en son nom, l’islam est une religion qui enseigne la paix et interdit de tuer son prochain au même titre que les autres religions monothéistes.

L’islam enseigne que la vie humaine est sacrée et que chacun a le droit d’être traité avec le respect qui est dû à tout être humain. Les terroristes sont des égarés qui ne représentent qu’un petit nombre parmi différents groupes, qu’ils soient musulmans ou autres. La haine n’a pas de religion.

Les jeunes immigrants ne sont pas plus criminels que leurs pairs nés au Canada. Certains ignorent certaines lois, connaissent des difficultés d’intégration ou affichent des comportements culturels qui les rendent plus suspects et vulnérables quand ils font face à la police (ex. : avoir peur devant la police), mais la grande majorité d’entre eux s’adaptent bien à leur société d’accueil. Le profilage racial dont peuvent faire l’objet les jeunes immigrants peut aussi être à l’origine de ce genre de stéréotypes.